Le lot proposé a la particularité d’être détaché de tout bâti sur tout son périmètre. Le bâtiment envisagé se trouve donc être un édifice presque isolé, avec un linéaire de façade et un développé de rez-de-chaussée très important au rapport de son volume à bâtir. Ces données rendent primordiales les questions de son rapport à la ville et du dialogue avec son environnement proche et lointain. Nous avons choisi de valoriser et d’amplifier cette situation singulière en traitant les quatre façades avec la même intensité de rapport à l’extérieur, tant sur le plan fonctionnel (programmation du RdC) que visuel (noblesse et transparence des façades). Un grand commerce occupera l’angle Est du bâtiment. Outre l’animation commerciale, il jouera un rôle d’articulation entre les deux espaces publics bordés. Au sud, à l’angle de la rue Albert Einstein et du boulevard du Général Jean Simon, se situe l’entrée du hall d’accès aux bureaux. Cette implantation stratégique, ainsi que la triple hauteur de l’espace d’entrée lui-même surplombé par une façade sud-est très élancée donne une très grande visibilité au programme de bureaux depuis les boulevards extérieurs et périphériques. Du point de vue fonctionnel, ce hall suspendu permet de franchir le servitude de la Petite ceinture, de positionner le noyau d’ascenseurs au centre du bâtiment, et d’assurer ainsi une parfaite sécabilité des niveaux courants. Le concept de façades résulte de la superposition de contraintes homogènes (trame porteuse, besoins d’éclairement et de vues) avec des contraintes hétérogènes (masques des bâtiments, orientation cardinale de la façade). Afin de moduler la part de rayonnement solaire stoppé sans modifier la largeur de la baie, nous avons fait varier la position du châssis vitré dans l’épaisseur de la façade porteuse. Les trumeaux et linteaux font office de brise-soleil, filtrant une part du rayonnement proportionnelle à son angle d’incidence. L’amplitude de 40 cm dans le retrait du plan de vitrage par rapport au plan de façade permet une réduction moyenne de 50 % du rayonnement entrant sans réduire l’angle de vue perpendiculaire. Un store extérieur permet ensuite de compléter cette protection « naturelle » et de gérer l’intimité. Depuis l’extérieur, cette variation fait jaillir de la matrice structurelle une topographie verticale qui reflète la réalité de son contexte. Le verre renvoie l’image optique décomposée des façades qui l’entourent. Sa profondeur dans le tableau de sa baie traduit la part d’ombre que provoquent ces bâtiments voisins.