Au départ, il y a un petit immeuble modeste, proche de la rue d’Alésia, deux étages sur rez-de-chaussée, une façade sur rue d’inspiration Art Déco, et possédant 150 m² de COS résiduel. Il y aussi un client, qui habite les 50 m² du dernier étage, qui ne s’intéresse pas particulièrement à l’architecture contemporaine, mais qui va se lancer dans l’aventure de la maîtrise d’ouvrage car la pression immobilière ne laisse pas d’alternative à l’extension de sa famille intra-muros. Il y a ensuite la rencontre d’un architecte voyer nouvelle génération, celle du PLU qui affirme “ la possibilité d’exprimer une création architecturale contemporaine, sur les bâtiments existants, comme sur les bâtiments à construire ”. Un dialogue constructif s’établit. Les deux nouveaux étages sont travaillés comme un élément de toiture zinc pour ne pas ajouter un nouvel élément à la façade qui possède déjà un couronnement et deux types d’enduit différents. Le volume est ensuite décomposé pour respecter un équilibre d’échelle avec l’existant, pour trouver des respirations, des apports de lumière naturelle et des vues transversales sans sortir du gabarit. La surélévation affirme sa contemporanéité dans la discontinuité géométrique mais se fond dans la matière et la couleur des toitures parisiennes. Les volontés du client coïncident avec les nouvelles cibles HQE: plantation des redans et végétalisation des façades, dimensionnement des ouvertures et favorisation de l’éclairage naturel, maintien de l’habitabilité du 2ème étage pendant les travaux et construction sèche.
Cette opération de taille modeste est néanmoins révélatrice de deux constats fondamentaux :
- Une opération rentable n’exclut pas qualité architecturale.
- La densification du bâti peut être compatible avec la qualité environnementale. Les cibles HQE introduites dans le PLU donnent une existence légale à des principes et des outils de conception pour la plupart déjà existants, mais un maître d’ouvrage particulier y réagit très bien, l’anticipant parfois naturellement.